Arrête de chialer, Pénélope

Dernièrement, ami lecteur, on est tous d’accord pour dire qu’on n’en peut plus des Fillons, pas un jour ne passe sans que l’on découvre un nouvel emploi fictif cumulé d’un ou de plusieurs membres de la famille, ou qu’on se ramasse une confession à la con où on te prend pour une tanche, bref, c’est l’overdose, la Fillonnite, ça te gratte de partout. En gros, pendant que toi tu te lèves tous les matins pour trimer et gagner un salaire de misère, Madame Fillon, elle, capitalise ses emplois de complaisance et touche des salaires très confortables, chez elle où elle élève la meute des petits Fillons, évidemment, tu l’as mal pris, ami lecteur, car ce n’est pas juste, tu n’y as pas droit, toi, tu rends des comptes, à ton patron, au Trésor Public, à l’Etat tout court, bref, tu as très envie de rouler toute cette famille dans des plumes et du goudron.

Pendant ce temps, le monsieur pète les tympans de tout le monde en clamant que tout cela est légal, que ce ne soit pas moral, c’est un autre débat que personne ne veut tenir.

Alors qu’est ce qui t’énerve le plus, ami lecteur, qu’elle soit doublement payée à rien foutre, ou que les décideurs se soient arrangés des lois pour profiter tranquillement du système ?

Et toi, petit lecteur, qu’aurait-tu fait à leur place ?

Tu aurais dit non ? Regarde-moi droit dans les yeux. On te propose de gagner du fric sans bouger ton fion du canapé (oui je sais, elle était facile, celle-là, mais bon, c’est dimanche), tout en restant dans la légalité, et tu dis non ? Je n’y crois pas une seule seconde, et toi non plus, d’ailleurs.

Toute cette histoire est un faux problème.

Alors c’est sûr, tu n’as pas envie d’aller voter pour quelqu’un qui te demande de te serrer la ceinture pendant que tes impôts servent à rémunérer les emplois fictifs de sa femme et de ses gosses. Tu te dis aussi que tu ne sais pas comment tu aurais agi à sa place puisque tu n’y seras jamais. Tu as bien conscience aussi que, si tu étais journaliste d’investigation sans peur et archi motivé, tu découvrirais ce type de dossier chez à peu près tous ceux qui briguent ou qui ont le pouvoir. Tu vois donc bien que désormais nous sommes revenus à ce sport national très en vogue pendant la 2e guerre, qui est une variante d’un classique, « Jacques le délateur a dit ». On ne cherche plus à s’améliorer soi-même car on est trop concentré à dénigrer celui qui peut nous faire de l’ombre. À chaque présidentielle désormais, nous aurons un candidat crucifié, qu’on finit un jour par trouver sympathique, alors qu’on a fourni les clous et le marteau. Mais c’est le nouveau jeu des médias ma pauvre Janine, tout se cassant la tronche par ailleurs, il faut relayer au milluple toute info susceptible de faire une audience quelconque, même si elle refoule un peu du goulot comme un poney.

Mais ne te méprends pas, ami lecteur. Personnellement, je n’ai aucunement l’ambition de réhabiliter François et Pénélope, ils ont bien profité du pot de confiture public, sans me proposer un programme qui réveille ma fibre citoyenne et qui m’annonce surtout fortement une vie de récession où je n’irai plus au restaurant et où toutes mes courses seront faites dans un hard discount.

Alors ami lecteur, je ne saurai que trop te recommander cette semaine de garder ton discernement et d’arrêter de te plaindre, si tu ne fais rien pour changer les choses. Tu as toujours ton droit de vote. Sers-t’en… Regarde autour de toi, certains essaient de changer les choses. Aurélie Barbot fait une grève de la faim car il est plus rentable pour elle de ne pas travailler alors qu’elle aime ce qu’elle fait. Evidemment, l’info est récupérée par un journal à tendance de droite, qui a intérêt à dénigrer la politique sociale qui est traditionnellement de gauche. Ce qui est certain, c’est qu’Aurélie, elle, ne fait pas un régime pour rentrer dans un jean qu’elle ne peut de toute façon pas s’acheter.

Donc si comme moi, ami lecteur, tu prends de l’ibuprofène tellement tu ne sais plus qui manipule qui, demande-toi toujours qui a le plus à gagner dans chaque événement : et comme d’habitude, ce n’est jamais toi, au moins tu commenceras à réfléchir en toute autonomie. Et peut-être un jour prochain, n’auras-tu plus envie de cautionner, par ton inertie de méduse, un système dont tu ne fais pas partie et qui ne sert que lui-même.

Je me retourne moi-même ce compliment, cher ami lecteur, et pars aussitôt à la recherche de mon cerveau, que j’espère retrouver avant les élections.

Alors ouais, arrêtez de chialer, Pénélope et François, et souvenez-vous de ce dicton, qui est pourtant une règle de base : on ne peut pas avoir le gel lubrifiant, l’argent du gel lubrifiant, et le cul refait de la stripteaseuse.

À la semaine prochaine !

La Motivation de l’Huître

Cher ami lecteur, je ne te présente pas l’huître, ce mollusque marin bivalve et riche en protéines, qui vit dans l’eau salée et que tu manges, vivante, principalement pendant les mois de décembre et janvier.

Après observation de cet être encoquillé et fruste, tu peux constater que l’huître, dépourvue de tête donc de cerveau, ressemble à un gros mouk et ne semble affectée par rien, pas même sa propre mort ; la seule perturbation qu’on lui connaît est l’aspersion par le citron, qui provoque une très légère rétractation t’informant que tu ne vas pas consommer un cadavre, ce qui, en dehors du citronnage, est particulièrement difficile à distinguer.

En l’occurrence, l’huître semble afficher placidement un lâcher-prise maximal, une résilience absolue face à une mort atroce par gobage puis digestion, mais aussi, et c’est moins bouddhiste, une motivation proche de zéro mais compréhensible en regard de son absence totale de dynamisme.

Hé bien, ami lecteur, en ce mois de janvier 2017, je me sens totalement solidaire de ce petit mollusque que j’ai pourtant consommé sans aucune trace de remords pendant les fêtes.

En effet, ce matin, l’actualité me plonge dans un abîme de perplexité, et un néant d’inspiration littéraire. J’ai donc appris que :

  • Manuel Valls s’est pris une pichenette par un breton plus grand que lui, provoquant des débats si passionnants que j’ai fait une petite sieste d’huître ;
  • Un attentat suicide a fait 47 morts dans un camp militaire au Mali, c’est moche, mais vu de ce qu’on se prend tous dans la tronche depuis deux ans, je me suis sentie comme l’huître, un brin blasée et surtout très molle ;
  • L’enquête sur Jean-Marc Morandini concernant le harcèlement a été classée sans suite, sans doute le jury l’a-t-il confondu avec Pine d’Huître, provoquant une sollicitude inédite (et un jeu de mot pourri de ma part) ;
  • Il fait très froid dans toute la France, je crois bien que je vais fabriquer une perle tellement je suis en hypothermie.

Alors ami lecteur, est-ce grave ? Suis-je en train de vivre une métamorphose kafkaïenne, non pas sous la forme d’un rampant, mais en un être amorphe et visqueux, à la force d’inertie la plus puissante du monde animal, prête à voter pour n’importe qui en mai prochain ? Sérieusement, qui te stimule, toi, ami lecteur ? A la fois, quand j’apprends que l’on va supprimer des programmes scolaires le complément d’objet, je me demande bien si ma vie de mollusque ne sera pas plus adaptée, d’autant qu’il existe une option d’auto-reproduction de l’huître, hermaphrodite cyclique, ce qui me permettra enfin de comprendre ce que pensent les hommes. Et ça, ami lecteur, c’est la promesse, non pas de la félicité, car en solo, ce n’est pas très funky, mais au moins, de la fin des prises de tête !

A la semaine prochaine ! Et d’ici là, comme j’aurai changé d’avis, tu me trouveras probablement au bord d’une mare à chercher la bonne grenouille, celle transformable en prince charmant, ce qui n’est pas gagné car elles sont toutes sur Tinder maintenant ! A moins que je n’aie attrapé la grippe, un million de malades, la headline du jour, témoin d’une activité fascinante qui va me ramener illico presto vers un bon bouquin sous ma couette !

 

Tschüss !

(Crédits photo Walt Disney Pictures)

Ma Bonne Résolution Pour 2017

Cher ami lecteur, comme tous les ans ce soir et demain, tu vas faire un listing des excellentes résolutions que tu ne tiendras pas l’année prochaine, comme les années précédentes. D’ailleurs, tu as déjà commencé depuis quelque temps déjà, en te fixant il y a 6 mois des dates pour arrêter de fumer, choisies de manière aléatoire en janvier 2017, qui te paraissait suffisamment loin pour voir venir.

Sauf que, comme d’hab, avec tout le respect que je te dois, tu auras l’air d’un con une fois la date échue, puisqu’évidemment, tu auras toujours un pet de travers stressant qui te fera repousser à la veille de ta mort la mise en place de ta résolution.

Heureusement, ami lecteur, que tes amis sont sympas et se contenteront de ricaner un jour où tu ne seras pas là sur ton incapacité à vaincre la clope, le chocolat, les rillettes, le manque d’exercice, quel que soit le copain nuisible dont tu cherches à te débarrasser chaque année depuis 15 ans.

Dans le meilleur des cas, tu tiendras 3 jours sans alcool ni clope à bouffer des brocolis vapeur et faire des squats (et pourrir la vie de ton entourage en réveillant le dragon qui sommeille en tout un chacun), détermination en bois que tu lâcheras le premier weekend qui suivra sans l’ombre d’un remords.

Alors personnellement, je ne me lancerai pas de défi impossible cette année (ressembler à Gisèle Bundchen, vivre une vie sans tapas, ne pas marcher sur les traits des trottoirs), je vais juste, après l’hécatombe de la tombe de cette fin d’année (George, Carrie, Debbie, Claude… ) essayer de tenir une résolution unique pour 2017.

Celle de rester en vie.

Et crois-moi ami lecteur, entre les terroristes, la cirrhose, les micro-particules et la présidentielle, ce ne sera pas de la tarte !

Prépare-toi ami lecteur, je reviens en forme en 2017 !

Bonne année, poil au nez.

Le charme pas du tout évident du voisinage de proximité

Pierre Desproges, l’idole de tous les gens fins, a dit un jour : « Le voisin est un animal nuisible assez proche de l’homme. »

Si on croise cette donnée avec la loi des séries, qui vient toujours vous empoisonner la vie à un moment inopportun, la situation d’un individu lambda peut rapidement devenir un enfer et lui donner des envies pas catholiques du tout de faire subir audit voisin tout un arsenal de tortures dont on n’a plus entendu parler depuis le XVe siècle.

En effet, privé du sommeil réparateur, l’être humain le plus doux se transforme en bête sauvage, prêt à déchiqueter ledit fauteur de troubles et à le consommer sous forme de tartare, alors que ça fait deux ans qu’il ne mange plus que du quinoa pour respecter la planète et ses habitants.

Mais qui est donc cet animal si dommageable au quotidien ? En voici quelques spécimens des plus redoutables. Le sexe est précisé à titre indicatif, l’individu pouvant parfaitement faire partie de l’autre sexe, le bruit ne souffrant aucune exclusivité.

Le voisin fêtard : souvent très jeune, avec un look bien dans sa peau (piercings divers, coupe de cheveux travaillée à grands renforts de pots de gel ultrafixant) il s’agit de sa première expérience de vie en copropriété. Il ne comprend pas du tout quand tu lui demandes de couper la musique car il n’est que minuit et demie. Il t’impose donc, ami lecteur, ses goûts musicaux souvent misérables (Maître Gims, maquinha…) à toute heure du jour et surtout de la nuit, qui souvent se confondent dans son cerveau de piaf (il te fait profiter de ses conversations téléphoniques toujours passionnantes à une heure du matin quand il rentre, et pousse des cris d’enthousiasme à 125 décibels à chaque prise de marijuana). Tu sais tout de sa vie, quand il arrive, quand il part, avec qui et pourquoi il s’est engueulé, car il s’exprime à l’aide de hurlements, et tu révises à 3h du matin grâce à lui le lexique des gros mots de base qu’il pousse à plein volume même s’il a coupé la musique.

La copine du voisin fêtard : elle sonne chez toi à 1h30 du matin parce qu’elle n’a pas le bip du parking, que ledit voisin n’est pas là et du coup elle est coincée, peux-tu lui ouvrir s’il te plaît, sachant qu’elle a le doigt collé sur ta sonnette depuis vingt minutes (après avoir sonné à tout l’étage) ? Elle apprécierait, d’autant qu’elle ne fait aucune différence entre la nuit et le jour, son maquillage gardant la même intensité à toute heure.

La toxico qui deale : toujours prête à te rendre service, elle est obséquieuse au quotidien, mais laisse quand même son vélo dans le couloir, qu’elle enfume ainsi que l’ascenseur à chacun de ses très nombreux déplacements dans l’immeuble. Ses fréquentations (clients ? fournisseurs ?) font d’incessants allers-retours la nuit, activant l’ascenseur 25 fois en une demi-heure, lequel circule parfois juste pour qu’un sac à dos prenne l’air. Souvent, ses fréquentations s’énervent, et peuvent : sonner à toutes les sonnettes de l’étage à 3h30 du matin pendant dix minutes sans discontinuer, hurler son prénom à 4h du matin dans la rue alors que son appart donne de l’autre côté, vandaliser la voiture du malheureux qui s’est garé sur sa place de parking à coup de battes de baseball, mais aussi, détruire sa boîte aux lettres, le portail de la résidence, etc., bref elles rendent la vie nocturne de ta résidence particulièrement riche en pollutions sonores diverses. Quant à elle, sous l’emprise d’une substance quelconque, elle est tout à fait capable de mettre Johnny Halliday à minuit à fond les watts, comme si elle était dans ce bar magique de fin de soirée à Perpignan, l’Ascot, mais sans y être (ça doit être ça, la magie du trip). Parfois, la B.A.C. l’embarque, depuis qu’elle s’est fait courser pour délit de fuite dans une cavale d’une heure et demie qui lui a coûté son permis.

L’hystérique : hyper enthousiaste dans sa gentillesse, il replonge dans la drogue à cause de la tox et devient son client numéro 1. Il te raconte sa vie intime dans le détail quand il te croise dans le couloir, te voilà donc au courant de toute sa vie vénérienne. Il t’explique pourquoi il met de l’électro à fond à 3h du matin : c’est juste pour couvrir ses ébats, car il baise bruyant, comme ça, ça dérange moins, n’est-ce pas. Il finit par repartir chez sa mère, pour se désintoxiquer, après t’avoir appelé sur ton lieu de travail et hurlé dessus parce que, à bout de nerfs, tu as fini par appeler sa propriétaire. Fan de Valérie Damidot, il aime bien également bouger les meubles la nuit, ça résonne mieux.

Le violent : sous-locataire de l’hystérique, chaudement recommandé par la tox, il débarque en couple dans l’appartement avec sa copine. Lui aussi pense que 3h du matin est une bonne heure, c’est celle qu’il choisit pour latter sa copine, jeter des objets et mettre des coups de poings dans les cloisons, parfois même les 3 en même temps et avec force cris. Comme il n’a pas de bail, à partir du moment où il est démasqué, il disparaît assez vite.

Le musicien amateur : le plus flippant, surtout s’il fait de la batterie ou s’il débute le violon. Il est généralement très inspiré le dimanche matin à l’aube. Mais il aime bien aussi les fins de soirées, quand il reçoit, car il est heureux de partager son « art » avec ses invités dont les tympans sont eux, tout comme les tiens ami lecteur, au bout du rouleau, de sorte qu’il est tout à fait impensable de lui dire qu’il joue comme un pied.

L’alcoolique : l’avantage sur les autres, c’est que parfois il dort. Mais quand il ne dort pas, il chante fort et faux, vomit et se soulage où ça lui prend (sur n’importe quel palier de proximité), éructe des insultes contre des ennemis imaginaires ou morts (« Vous ne m’aurez pas sales Nazis ! »), se cogne contre les meubles ou chute, sans aucune distinction entre le jour et la nuit.

La jeune qui fait une teuf quand son père est absent : électro et troupeau d’éléphants qui court à un niveau sonore tel que tes murs en vibrent bien qu’elle soit deux étages au-dessus de toi. Tu dois attendre la pause entre deux morceaux pour qu’elle puisse entendre la sonnette. Plutôt polie et respectant l’autorité parentale absente, elle obtempère assez docilement à ta sommation. Et comme son père est souvent là, tu ne la subis que rarement, lors des voyages d’affaire.

Alors bien sûr ami lecteur, il existe pléthore d’autres voisins toxiques, on pourrait en faire quinze chapitres sur les personnes dépourvues de respect pour autrui. Néanmoins, tu peux toujours mettre ta bienveillance dans la gueule de ton voisin, et mieux, la renforcer avec la bienveillance des autres voisins, car tu n’es jamais seul dans ce genre d’histoire. Et en attendant que ton ou ta voisin(e) se fatigue des mesures prises par le syndic de copro, des visites de la PM ou des aspirateurs passés pendant qu’il ou elle dort, il te reste les bouchons de piscine : et là, le Monde du Silence du Commandant Cousteau s’ouvre à toi (dans la mesure où ton voisin ne se prend pas pour le dj du Pacha à Ibiza bien sûr). Ça ne t’immunise certes pas contre la connerie et l’irrespect, mais ça te permet de l’oublier quelques heures.

Et ça, c’est toujours ça de pris !

En attendant, ami lecteur, souviens-toi que, si l’adage « ce que tu fais aux autres, un jour t’arrivera » est vrai, fais bien attention à ne pas te mettre dedans !

A la semaine prochaine !

Je poste un statut donc je suis

Cher ami lecteur, certes, je ne trouve pas que Joey Starr soit une référence – d’ailleurs il a flingué Nouvelle Star, cette émission que j’aimais bien – cependant il lui arrive aussi d’avoir ses moments. En l’occurrence, le 12 septembre dernier, il a posté sur Facebook le message suivant : « Quand je vois tous ces gens sympas et intelligents sur Insta je me demande d’où viennent tous ces cons dans la vraie vie. »

Mais de quoi parle-t-il, je ne comprends pas.

Non, vraiment.

Je regarde mes photos, ami lecteur, et j’envie ma propre vie sur insta et facebook. Car me voilà en apéros de ouf, dans des bars à la déco sympa, avec des amis au bon style, ou alors à des vernissages, où je mets en ligne les œuvres qui me plaisent le plus. Chaque photo donne l’impression que tu es, ami lecteur, passé à côté de la super soirée la plus cool de la planète.

Et pourtant, il n’avait rien de transcendant, cet apéro, dans la vraie vie. Mais ce n’est pas grave : la photo est magnifique : 217 likes.

La vérité, elle est là : il n’y a pas de photo prise pendant les vraies soirées de ouf  (à part peut-être au début, si la déco est époustouflante) : quand tu t’amuses vraiment, tu ne prends pas de selfie, tu participes à la soirée ; tu es partie prenante.

Et là, on n’est qu’au premier niveau, celui ou tu mets en scène ta life.

Le stade deux c’est celui où tu mets en scène la fabuleuse personne que tu veux que tes followers pensent que tu es.

Te voilà donc en train de partager des articles montrant à quel point tu te soucies de l’environnement, des animaux, des enfants battus, de la misère, des chatons, des poussins, tu veux accueillir des migrants, ta pensée est profonde et de gauche, tu cites Desproges, ou Paolo Coelho, tu critiques Hanouna, Ruquier, Maître Gims et Christophe Maé, et le plus dingue dans tout ça, c’est que tu es entourée de personnes au moins aussi fascinantes que toi, qui partagent, retwittent ces merveilleux statuts qui font que nous sommes à deux doigts de soumettre la candidature d’un certain nombre de nos amis virtuels au prix Nobel de la paix, ce qui, au vu du dernier lauréat, n’aurait plus l’air d’une blague idiote désormais, j’ai même entendu dire que Francis Lalanne était dans les starting-blocks pour la prochaine session.

Puis tu éteins ton ordi, ta tablette et ton smartphone, ou tout du moins, tu les ranges.

Et tu te rends compte que les comportements des vrais gens ne correspondent pas du tout avec les statuts partagés des réseaux sociaux. Je ne parle pas de tes amis que tu connais depuis toujours, mais plutôt à tous ceux qui t’ont demandé en ami juste pour avoir un maximum d’amis, pour qui tu es juste un +1, comme si ton profil participait à un vaste concours où gagne celui qui a le plus d’amis qui le likent.

Bon, comme tout le monde, j’aime bien les likes, alors j’ai accepté, comme tu as pu le faire, les commerçants, les bars à vin, à eaux, à bière, à salades, à frites, à tapas, les magasins de bidules et de trucs parce qu’on avait 72 amis en commun qui eux aussi, les ont acceptés avant moi. La question, c’est : est-il nécessaire de bien se comporter dans la vie si notre avatar le fait ? En gros, peut-on violer quelqu’un IRL (In Real Life) et signer la pétition « Eradiquons les violeurs » sur Change.org ?

En gros, suis-je ce que je poste ?

Il semblerait que désormais, on peut s’en foutre d’être des sales types dans la vie, du moment qu’on remplit son mur de  de phrases cools, et de jolies photos.

Parce que dans la vie, ton voisin met la musique à fond à n’importe quelle heure (et il ne s’agit jamais de l’Adagio pour cordes de Barber, évidemment) et la dame du marché te prévient que, si tout va mal, c’est à cause de « ces gens-là » (Merci Monsieur Brel de renommer toutes les plaies humaines responsables de tous nos maux, on peut y rentrer une bonne moitié de la planète dans cette expression) même si mes préférés toutes catégories restent quand même les haters sous pseudo d’Internet, champions de bassesse humaine non assumée, pompes à merde absolues et définitives.

Alors quelles sont les possibilités qui s’offrent à toi, ami lecteur ?

Tu peux : rester dans le virtuel, avec les Bisounours et les Pokémons et risquer de te perdre dans le triangle des Bermudes de l’abêtissement, ce qui n’est pas fou-fou comme perspective ; quitter le virtuel, et affronter les abrutis, ce qui, en plus de n’être pas fou-fou non plus est en plus d’une pénibilité rare ; comme alternative éco-durable, puisqu’aucune solution n’est génialissime, je te propose l’adéquation profil virtuel / profil réel.

Tu seras alors peut-être moins populaire, tu auras peut-être moins de likes et de followers, mais au moins, toi, quand les gens te croiseront, ils n’auront aucune surprise. Tu ne les auras pas truandés sur le produit. Et tu leur donneras peut-être envie d’être moins devant leurs divers écrans. Cependant, méfie-toi tout de même d’une chose : il se pourrait bien que parmi tes amis inconnus, un jour ou l’autre il y en aura un, deux, ou dix, qui te feront rigoler.

Même une fois.

Et ça, ami lecteur, ça n’a pas de prix.

A la semaine prochaine, I am back on tracks !

L’homme de ma vie est-il à 300 m ?

Cher ami lecteur, te souviens-tu de mon premier téléphone portable, le Nokia 5110 Ola quand Orange s’appelait encore Itinéris ? Il ressemblait à une grosse télécommande en couleur et pesait presque le double de mon iPhone 6. Et pourtant, qu’est-ce qu’on était content de trimballer cette brique partout parce qu’enfin on ne risquait pas de rater un appel en sortant de chez nous. Et en plus, on pouvait jouer au Snake, ce jeu inoubliable au graphisme encore moins évolué que les fresques de Lascaux.

Bref, avec le téléphone portable, on rentrait dans une nouvelle ère de la drague : celle où on filait notre 06 dans les bars, sur la plage, ou à ses collègues de travail. On faisait de vraies rencontres et on était sélectionnés sur des critères objectifs tels que le physique pour les hommes et l’humour et la carte bancaire pour les femmes, ces deux derniers critères pouvant ou non, être simultanés. Nous étions donc dans les mid 1990’s et pour rencontrer des partenaires sexuels ou plus si affinités, on sortait de chez soi.

Et puis en 2001 est né le site référence des gens qui n’arrivent pas à se rencontrer de manière naturelle : Meetic qui ouvrit la voie à tous les autres sites du même genre (Adoptunmec, Attractive World, Badoo, E-Darling etc) et nous voilà entrés dans l’ère où tous les laissés pour compte des méthodes de séduction en live (les timides, les mal dans leur peau, les super-occupés de la life) ont pu rebooster leur estime de soi, vendant leur beauté intérieure via des messageries instantanées, tout en enfumant le chaland avec des photos datant de 10 ans en arrière, voire ne les représentant pas du tout. Cela dit, les beaux (belles) gosses débordés passant aussi par là ne mettaient pas forcément davantage leur vraie photo, les sites de rencontre véhiculant à l’époque une image de perdant ayant un problème temporaire ou durable de séduction IRL (In Real Life).

Mais comme dirait Darwin (à moins que ce ne soit ma concierge ?), tout évolue.

L’homme d’affaire créatif étant programmé pour investir les filons porteurs, nous voilà 15 ans plus tard avec non plus des sites, mais des applis sur nos smartphones, nous permettant même de draguer aux chiottes les jours de paresse intestinale, car on n’arrête pas le progrès : penses-y, ami lecteur, tu es géolocalisé, et les développeurs sont là pour te proposer des applis auxquelles tu n’aurais certainement pas pensé. Pense juste à tirer la chasse.

Alors, quels sont les meilleurs outils qui s’offrent aux célibataires ? Tout d’abord, une judicieuse trouvaille, sans doute édifiée sur un cas pratique : happn, qui te permet de retrouver les gens que tu croises et tient même des statistiques intéressantes sur le sujet (Gaspard, 31 ans, croisé 5 fois), du coup si tu n’avais pas un poil de sec à l’idée d’aborder ce potentiel objet de ton désir, cette merveilleuse appli te permet de rectifier le tir en toute quiétude sans passer ton master de la lose. Génial, sauf que dans mon quartier, il n’y a que des retraités, on est bien loin d’une offre pléthorique.

Alors du coup tu peux toujours te tourner vers l’appli qui cartonne : Tinder (et leurs versions LGBT : Grindr et Blendr, chacun sa vie, chacun ses poches) où tu fais défiler les photos des utilisateurs proches de toi. Shopping, non pas de sacs, mais de partenaires de proximité.

Mais ne stresse pas, ami lecteur : si une appli te déçoit, tu peux toujours utiliser Once (qui te propose un partenaire par jour), Booxup (pour les lecteurs), Beepin (pour rencontrer des collègues), Threender (pour les plans à plusieurs), Fundi (où votre profil est mis aux enchères), OkCupid (qui calcule votre taux de comptabilité), etc, etc, le marché de la misère affective est énorme et sans fin, puisqu’il existe même désormais une appli de rencontre pour les people et personnes travaillant dans les industries créatives, Raya (mais ne rêve pas, sur celle-là tu dois être coopté par un Super Ami Lecteur, et je pèse mes majuscules).

Finalement, trouver l’âme sœur ne se résumerait-il pas à un smartphone géolocalisable, un algorithme et une bonne photo ? Ta problématique, ami lecteur, n’est plus de proposer la meilleure version de toi-même au quotidien, mais bel et bien d’avoir un ami photographe de talent, et un autre rédacteur, pour optimiser ton profil. Ensuite, une fois que tu auras matché, sur une appli ou l’autre, tu pourras toujours envoyer des SMS, ou des sexto, selon ce que tu as à dire, ton postérieur gentiment calé dans ton canap, en te fatiguant uniquement du doigt.

Alors avant que tu ne tombes définitivement dans la recherche de l’âme sœur ou de ses fesses façon Matrix avec des algorithmes confortables et des photos filtrées deux cents fois, je te lance un défi : trouver ton prochain partenaire à l’ancienne, avec la méthode vintage d’un sourire éclatant, d’un bon look et d’un humour qui tabasse. Et ensuite tu me diras, si ce n’est pas plus sympa (hé oui, dans la vraie vie, pas de défiltrage brutal, tu vois le candidat dans son jus, ça t’évite bien des traumatismes).

Allez, hop, ami lecteur, tes pieds dans tes Stan Smith, ta confiance sous le bras (car tu es beau, ou belle, c’est une question de pensée-racine) et pars chasser autre chose que des Pokémons !

A la semaine prochaine !

(Credit Photo : 9gag.com)

Faut-il tout analyser ?

Cher ami lecteur, je n’avais pas l’intention de parler de ce phénomène, mais un ami m’a récemment envoyé un article où un professeur de l’ESSEC rapproche l’expérience de Pokémon Go du doute hyperbolique de Descartes.

Puis-je remplir une ligne de mon article d’esclaffements ?

Non mais sérieux ?

Cette débilité de jeu, qui n’a, ceci dit, pas fait long feu au niveau des jeunes scolarisés avec la rentrée puisque bon nombre d’établissements l’ont interdit dans leur enceinte, serait en fait une preuve de notre capacité à nous interroger sur nous-mêmes et remettre en cause la réalité de ce que nous voyons. Rien que ça.

Donc en gros, quand tu joues, tu philosophes en même temps, tu t’élèves.

Un peu plus haut dans la connerie sans aucun doute, pour le coup.

Je vais de mon côté m’interroger sur la philosophie du pet, qui est un moyen d’expression de mon moi intérieur, avec une recherche épistémologique du message caché de mon transit, non mais stop !!! in the name of love.

Il n’y a rien de plus dans Pokémon Go que dans le Tetris sur la Game Boy, sauf évidemment les moyens technologiques mis en œuvre pour développer le jeu. Ah si, le jeu renvoie aussi à nos envies de collection (des timbres, des petits cochons, des capsules de bouchons de champagne, que sais-je, il y a tant de merdes qu’on peut collectionner), et là, c’est plus intelligent, puisque l’objet de la collection est virtuel, il ne s’entasse donc pas sous un tas de poussière dans le garage, comme toute collection au bout d’un moment.

Et alors, ça change quoi ?

On était aussi accaparés par Tetris qu’on peut l’être aujourd’hui par Pokémon Go. Des philosophes s’étaient-ils interrogés sur la question ? Un spinozien avait-t-il un avis à formuler ? Non ! Parce qu’on s’en fout. Et parce que les modes passent. Un beau matin, on en a marre, et on arrête de jouer. Et un autre jeu, après Candy Crush et Pokémon Go, peut alors sortir de terre.

L’être humain a toujours cherché à se divertir, depuis les orgies de nos ancêtres romains au cinéma en 3D, en passant par la WII, les casinos, les comédies musicales, bref. Bon le truc, c’est juste que maintenant, ça devient hyper dangereux, puisque, selon une étude Ifop, 3 millions de français joueraient à Pokémon Go au volant de leur voiture. Génial. Tu n’étais déjà pas tranquille, à pied, avec les pickpockets et autres agressions de rues, maintenant tu dois en plus te défendre contre des abrutis jouant à un jeu débile en inconscience absolue du moment, à chasser au volant de petits êtres virtuels s’appelant Picatchu.

Au moins avec Tetris, on ne faisait suer personne.

Et pour cause, non seulement on était statiques, mais en plus, Internet n’était pas là à relayer chaque micro-pet sociétal comme s’il s’agissait d’une information capitale.

Mais le truc le plus incroyable reste quand même que les développeurs de la société Niantic, responsable de ce jeu successful, sont allés explorer le no-limit de la décence en plaçant des pokéstops (cubes bleus virtuels servant à recueillir des accessoires virtuels) sur le mémorial de la déportation de Drancy. Rien qu’en écrivant la phrase, je me dis qu’il est inutile de la commenter. Et pourquoi pas en mettre aussi deux trois à Auschwitz, ça pourrait être rigolo, non ? Et à l’intérieur d’une église ou d’une morgue ? Sans blague ?

Evidemment, ces cubes ont depuis été supprimés, mais il a quand même fallu un courrier du député-maire de la commune pour que ce soit fait.

On marche sur la tête.

Alors je ne saurais que trop te rappeler tes cours de français et de philo, ami lecteur, en te recommandant de te méfier de toute esquive d’une réalité déplaisante, car, comme disait Pascal, spécialiste ès-divertissement, « l’homme est visiblement fait pour penser, c’est toute sa dignité et son mérite ; et tout son devoir est de penser comme il faut. »

En gros, ami lecteur, joue, mais pas toute la journée.

Sans quoi, tu risques, au mieux une panne de cerveau, au pire, un grave accident de la circulation, et ça, mourir pour attraper un Pokémon, c’est vraiment une épitaphe de bolos.

A la semaine prochaine !!!

 

Descartes : le doute hyperbolique à l’épreuve de Pokémon Go

Je ne peux pas, j’ai piscine…

La canicule aux assonances inspirantes (y a de la rime dans l’air…) nous est tombée dessus comme la misère sur les gueux à la fin du mois d’août, nous obligeant, ami lecteur, à boire de l’eau à l’apéro entre deux verres de rosé pour éviter une déshydratation foudroyante (une hérésie), mais aussi à trouver des solutions pour ne pas mourir frappés par une combustion spontanée.

Les opportunités de divers rangements m’ayant fait remettre la main sur d’anciens tickets d’accès à une piscine olympique de plein air, me voilà partie avec palmes et planche joindre l’utile à l’agréable, avec la naïveté de l’agneau à qui on aurait dit que l’abattoir est une station alpine aux pâturages verdoyants.

Arrivée au bord du bassin, je croise des personnes de sexe féminin, en maillots à paillettes, maquillées et coiffées comme pour aller en boîte de nuit : brushing, rouge à lèvres Rouge Allure de Chanel teinte n°98 Coromandel, même le vendredi soir je ne suis pas aussi apprêtée. Et là je me dis, ai-je loupé une étape importante de l’évolution sociale où la piscine serait devenue la nouvelle église où s’endimancher ?

Et puis, comment fais-tu pour nager, car pour obtenir un résultat pareil, tu as bien dû sacrifier deux bonnes heures de ta journée, entre la coiffure et la pose du vernis, tu ne vas quand même pas aller détruire cette œuvre d’art de toi-même bêtement en te mettant à l’eau, si ?

Deux écoles.

Il y a celles qui ne mettent pas l’ombre d’un doigt de pied dans la piscine. C’est un concept. On est juste dans un changement de décor d’un nouvel épisode de leur trépidante vie. Cependant, quand bien même serions-nous dans la recherche d’une alternative à la plage (trop vulgaire), le questionnement du maquillage demeure (pourquoi faire ???)

Ensuite il y a celles qui nagent quand même. Mais pas comme moi. Explications.

Tout d’abord, il y a le choix du maillot, avec le minimum de tissu possible. Une fois dans l’eau sans qu’aucun cheveu ait été en contact de près ou de loin avec l’eau javellisée du bassin, le haut du maillot saute afin d’éviter de disgracieux décalages de bronzage (tu oublies donc les maillots de piscine, qui continuent de pendouiller, inutiles et en dépression, dans les rayons du Décathlon le plus proche).

Bon, c’est le moment où je ne me moque pas trop, puisqu’il m’est arrivé par le passé d’enlever le haut pour pouvoir continuer à porter ce joli bustier acheté en solde chez Bash. Cependant, et note-le bien ami lecteur, je n’ai jamais poussé jusqu’à investir dans un maillot-string, faudrait quand même pas déconner.

Oh et puis zut. Je peux bien rire un peu de moi-même, et de mon air con avec mon haut de maillot accroché à ma planche (du coup je ne le fais plus, pas la peine de venir faire le curieux et mater seul ou à plusieurs, ami lecteur).

Mais ceci n’est en fait que le début.

Les nageuses en question ont donc investi dans le waterproof, histoire d’être optimales dans le bassin, et nagent en lunettes Chanel, Armani Eyewear, Ray-Bans et j’en passe, que je n’oserais pour ma part jamais mettre dans ce contexte-là puisqu’il est statistiquement impossible de ne pas croiser dans ta ligne un homme de l’Atlantide qui te balance la moitié de l’eau de la piscine dans la tronche, javellisant ainsi ton waterproof et ton accessoire de marque.

Concentrons-nous à présent sur cet autre régulier de l’endroit : l’homme de l’Atlantide.

Celui-là non plus ne vient pas que pour nager.

D’abord, il rentre dans une tranche d’âge bien au-dessus de la tienne et des nageuses maquillées. Il pourrait presque être ton père, à vrai dire. Notons juste qu’il y voit bien de loin (c’est un détail important).

De fait, il fait peu de longueurs, car à son âge, ça le fatigue, les 50 m olympiques. Le rythme, c’est plutôt : une longueur – une grosse pause – une longueur – une grosse pause.

Et, pendant tout ce temps, il reluque.

Il nage équipé, avec un masque et un tuba, pratique pour le crawl, et surtout, pour observer l’évolution des seins nus dans l’eau. Quand il s’arrête entre deux barbotages, il enlève le masque et rattache les belles images aquatiques aux têtes des pinups à solaires au double C. S’il se sent en grande forme, il arrive qu’il tente une petite approche auprès de toute personne du sexe opposé faisant mine de faire également une pause à proximité.

Car nous touchons donc là le vrai cœur du problème : les gens n’étaient pas là pour nager, mais pour rencontrer d’autres gens.

A la piscine.

Où la boisson la plus excitante de la buvette est le Sprite saveur Mojito (pas facile facile, l’amorce drague : « Salut, je t’offre un Sprite ? »)

Où, comme quand tu pratiques n’importe quel sport, au bout d’un moment tu ne ressembles à rien (sauf si tu fais partie de la catégorie 1 des non-nageuses).

Pas grave : elle est là ton alternative à Tinder.

Tu prends une connaissance bien plus précise du dossier qu’avec n’importe quelle photo de profil, retouchée, filtrée, datant de 15 ans, où peut-être ce n’est même pas toi : tu le vois en maillot. La vérité se trouve au bord de la pistoche.

Alors je suis sortie de l’eau, ami lecteur, en me disant qu’une fois de plus j’étais à côté de la plaque, à vouloir faire du sport dans un endroit prévu pour.

Que je ne devais pas encore être au bout du rouleau en ne recyclant pas chaque activité effectuée en dehors de chez moi en terrain de rencontres.

Et j’ai alors croisé cette femme qui m’a fait reprendre espoir en la normalité des situations : elle est entrée dans l’eau, avec sa planche et ses palmes, dans un maillot Arena une pièce spécial nageuse, avec un bonnet hideux, les affreuses mini-lunettes de piscine, le visage tartiné d’un écran total de compète lui faisant la face toute blanche et brillante.

Tout n’est donc pas perdu, ami lecteur, alors bonne rentrée et à la semaine prochaine !

L’été rend-il bête à manger du foin ?

S’il y a bien un moment dans l’année où l’être humain atteint des sommets de stupidité, ami lecteur, c’est l’été.

Il faut croire que la chaleur nous grille définitivement quelques cases.

Nous voilà tournés vers des préoccupations d’une profondeur rare, du type comment perdre nos kilos, comment boire un maximum de mojitos sans prendre les kilos qu’on vient de perdre, comment négocier des apéros sans son conjoint, comment draguer et se faire draguer un maximum parce qu’il fait particulièrement chaud dehors et à l’intérieur des slips, culottes et strings, tout en dépensant le moins d’argent possible.

Sauf que cet été, boire des mojitos, ou même participer à une simple activité de groupe hors de chez toi est devenu une grande aventure.

Entre les égorgements en église et les camions fous en fête nationale, te retrouver parmi tes prochains n’a jamais été aussi dangereux, que tu poses ton séant sur un tabouret de bar pour attendre un spritz ou sur un banc de cathédrale pour attendre une hostie (ce qui est certainement moins fréquent mais tout aussi redoutable désormais).

Alors comment s’en sortir quand on est moins performant du ciboulot – et surtout qu’on n’a pas du tout envie de réfléchir et un budget restreint ?

Petit veinard, déjà, les représentants de l’Etat dans notre région au nom controversé annulent gentiment tous les feux d’artifice, en diffusant communiqué sur communiqué pour démentir toute découverte d’armes, de bombe désamorcée, il n’y a aucun péril sur le littoral catalan, merci de ne pas inquiéter les touristes présents, déjà qu’ils n’ont plus un rond, faudrait pas qu’ils aillent dépenser leurs tickets-restaurant ailleurs.

Nous voilà donc rudement soulagés, d’autant que les mesures destinées à te rendre l’été un peu plus moisi se multiplient dans toute la France, pas de jaloux, la braderie de Lille, un bon petit événement pas cher, a donc été annulée.

Tu n’es pas tranquille à la plage, car il suffit que deux péquenots terroristes louent un jetski, un coup de kalach et ton problème de marques de maillot te paraîtra bien dérisoire.

Tu n’es pas non plus tranquille dans les bars ni les restaurants depuis le soir du Bataclan, et même c’est bien pire : sans terroriste ni explosion, tu peux désormais périr à cause de ton gâteau d’anniversaire, comme à Rouen. Exit les bougies, mais que reste-t-il d’un anniversaire sans bougies ??? Faut-il que tu te spécialises en normes de sécurité, et être ainsi en capacité d’évaluer si chaque bar dans lequel tu mets les pieds ne présente pas des risques de faire déclencher le versement de ton assurance vie à son bénéficiaire bien plus tôt que prévu ?

Tu ne vas quand même pas regarder les JO, si ? Ce n’était pas la peine de partir au bord de la mer pour ça…

Heureusement, il te reste le plaisir coupable des magazines people, que tu ne lis que l’été ou chez le coiffeur.

Il faut dire que Jean-Marc Morandini s’est plié en quatre pour te divertir.

Le gars organise des castings olé-olé pour une web-série qu’il produit et qui se passe essentiellement dans les vestiaires d’un club de foot de banlieue où les joueurs prennent beaucoup de douches.

Pendant ces castings, une directrice fictive (affublée de la photo d’une soprano belge, laquelle a fait savoir qu’elle était bigrement contente) demande aux « comédiens » de pousser leurs limites en se masturbant par exemple, ce qui peut paraître tout à fait normal, mais chez Marc Dorsel, pas dans une production traditionnelle, mais c’est un détail, on ne va pas pinailler.

Et comme la classe, l’élégance et la morale sont des concepts tout à fait relatifs, JMM propose à un comédien via la messagerie privée de son compte Twitter de venir se faire épiler le sexe et de lui faire profiter de son hammam tout nu, propositions refusées en bloc par le jeune, complètement mineur à l’époque des faits.

La question est : qui donc est le plus abruti des deux, le producteur (qui pense qu’aucun de ces jeunes ne va jamais aller se plaindre) ou les comédiens qui s’exécutent ?

Mais ce n’est pas fini, car le gars est très fort.

Il décide de s’exprimer lors d’une conférence de presse de l’espace, où il affirme être victime d’un odieux complot, ourdi par Marc-Olivier Fogiel et Matthieu Delormeau, ce qui fait vraiment très très sérieux et qui confirme qu’il n’a aucun conseiller à la communication, parce que, Jean-Marc, si tu en as un, vire-le dare dare, il t’a menti sur son CV.

Concernant les faits, sur lesquels il ne s’étend pas, il parle de « maladresses », ce qui te donne envie de rigoler ferme, ami lecteur, ton magazine people dans une main et ton rosé piscine dans l’autre.

Il est effectivement particulièrement maladroit de payer 4 heures un comédien qui en a réellement travaillé presque 36, et de se dire surtout qu’il va s’asseoir dessus.

Parce que ce n’est pas comme si le comédien avait participé à une œuvre télévisuelle-web majeure, dont il pourrait être fier dans un futur proche ou même lointain. Au vu des images disponibles sur le net, le ressenti des acteurs concernés doit plus être proche de la fiente de pigeon que de la rutilance du César.

Mise en scène et jeu très approximatif avec coups d’œil caméra, dialogues remarquables du type « hé les gars, vous avez vu son engin ? », cadrages et décors époustouflants de vestiaires sordides, détails ultra réalistes avec des comédiens se frottant pendant des plombes sous la douche sans shampoing ni savon ni gel d’aucune sorte, mixage son parfait avec bruit de l’eau couvrant les voix des comédiens, etc. bref, Les Faucons, c’est Hélène et les garçons à poil mais sans Hélène, et l’extrait est tellement consternant de nullité que tu ne sais plus si tu as envie de rire à t’en faire péter la rate et créer dans la foulée un GIF des phrases les plus tartes ou si tu es affreusement gêné pour les pauvres jeunes dont il restera à vie une trace filmée de leur participation à ce navet.

Dans la foulée, notre héros de la saga de l’été perd son job à Europe 1, n’est pas Kate Moss qui veut. Les autres médias liés à JMM par des contrats de travail (I-Télé, NRJ12) se rongent les sangs à l’idée que le gars et sa nouvelle image de marque de pervers absolu vont être associés à leur historique.

Mais le principe du schpouk, c’est comme quand tu marches dans une grosse bouse, ça rentre dans toutes les rainures de la semelle et c’est la misère, l’odeur te suit partout.

De la manière particulièrement subtile qui lui est propre, le JMM, qui avec deux sous de jugeote et un bon conseiller en communication, aurait dû faire profil bas, hé bien tiens-toi bien ami lecteur, perdu pour perdu, se permet via le compte Twitter de son blog de s’en prendre à Air France en relayant une info du Parisien selon laquelle 8000 bagages auraient été égarés. Verdict : des réponses cinglantes du community manager de la compagnie aérienne, et une couche supplémentaire sur une stratégie de communication personnelle de plus en plus nébuleuse.

Alors, l’été nous rend-il aussi épais qu’une brique ? J’ai peine à croire que des présentateurs aussi médiatisés arrivent à un tel niveau sans un minimum de quelque chose dans l’encéphale, c’est donc forcément que la chaleur nous tape sur le système et nous plonge dans des régressions cosmiques.

Je ne saurais trop te recommander de résister à la bêtise ambiante, ami lecteur, aussi je te suggère de ne pas laisser ton cerveau se noyer dans les spritz et le prêt-à-penser, en faisant une chose folle : arrêter de chasser des Pokémons et lire un bon bouquin à la place. Et c’est du win-win : sur les photos de vacances, tu auras l’air moins niais et c’est déjà pas si mal !

A la semaine prochaine !!

Le professionnalisme, ce n’est pas fait pour les chiens (ni les artistes ?)

Cher ami lecteur, cela faisait un moment que tu n’avais pas eu de mes nouvelles.

Et pour cause : les sujets que l’actualité me proposait tournaient essentiellement sur encore des attentats, je ne voyais donc pas quoi dire de plus sans radoter, et le départ des anglais de l’Europe, ces gens d’une perspicacité rare puisqu’au lendemain du Breixit, la 2e occurrence la plus demandée sur Google en Angleterre a été : « Qu’est-ce que l’Union Européenne ?», mais bon ils roulent à gauche, on peut difficilement leur reprocher de ne pas penser à l’endroit.

Ensuite, il y avait l’Euro, déjà que le foot c’est relou et multi-traité, quand on voit en plus le résultat, on se dit que parler d’autre chose, ce sera forcément mieux.

Enfin il y avait aussi le Tour de France, le regarder, c’est déjà plutôt d’un ennui mortel, alors raconté par une fille, c’est l’assommoir absolu.

Bref, tout cela n’était guère inspirant.

Et puis dimanche soir, jour de Ze Big Finale de footchiball, me voilà au festival Les Déferlantes à Argelès Sur Mer, prête à secouer ma fibre nostalgique en me trémoussant sur les chansons des Insus, anciennement Téléphone.

Les Déferlantes, c’est un beau festival, dans un cadre inouï, un château, un parc, 33°, des amis cools et sympas, tout était réuni pour faire espérer un de ces moments parfaits qui ne se produisent vraiment pas tous les quatre matins.

Et là, tu apprends que ledit groupe a déclaré en off ne pas commencer son set tant que le match de finale ne sera pas terminé.

En d’autres termes, ami lecteur, afin que tu puisses mieux te rendre compte de la situation, le groupe a fait poireauter 18000 personnes pour regarder un match pourri (on a perdu, tout ça pour ça), alors que c’est quand même leur taf unique, me semble-t-il. J’imagine la tronche de ton patron, ami lecteur, si tu arrivais avec une demi-heure de retard parce que l’épisode de ta série s’est terminé plus tard que prévu (ou n’importe quelle autre bonne raison bien valable) et que tes clients t’attendaient, en tapant le scandale dans la salle d’attente (parce qu’un public, comme tout patient, client, bref, celui qui te fait vivre quel que soit son nom, c’est souvent grossier quand c’est contrarié : ça piétine, ça tape dans les mains, ça siffle et ça hue).

D’autant plus qu’on était, je le rappelle, dimanche soir, ce qui signifie qu’une très importante partie du public reprenait le travail le lendemain matin.

Donc pour résumer, le set prévu à 22h30 a démarré à 23h.

Je veux bien croire que pour eux, le match c’est un peu comme pour nous le lundi au soleil, cependant la question que je me suis posée, debout dans la fosse, c’est : peut-on s’asseoir sur le professionnalisme quand on est une vedette ?

Pendant une demi-heure, j’ai donc eu le temps de refaire tous les dialogues :

Bertignac : Il me faudrait de la caillasse pour payer mes impôts. Ça manque, The Voice.

Aubert : Faisons quelques Festivals. Les Déferlantes, Argelès sur Mer, le 10 juillet.

Bertignac : Mais c’est le jour de la finale !! On passe à quelle heure ?

Aubert : 22h30, la poisse.

Bertignac : Rien à foutre, ils attendront.

Aubert : La merde, s’il y a prolongation.

Bertignac : On s’en fout je te dis, le rock français, c’est nous.

L’année précédente, dans le même esprit « public, tu es venu pour moi, tu supporteras tout de moi », Lenny Kravitz nous avait donné une belle leçon de professionnalisme à l’américaine en arrivant sur scène défoncé, lunettes de soleil (à minuit) et après un début de prestation très hésitant, genre élocution de 5h du mat en sortie de boîte, le Lenny Superstar a disparu pendant le plus long quart d’heure du monde. Toi et ta place à 45 €, tu te dis bonjour l’entube si le gars ne revient pas, et t’as presqu’envie de l’aider à vomir (presque j’ai dit) pour qu’il puisse reprendre sa place sur scène et faire le job.

Et au-delà de considérer ou pas son public, se pose également la question du set suivant, et donc de l’artiste suivant, programmé par le festival. Comme les Insus ont tenu la scène 1h30 au lieu de l’heure prévue, à laquelle s’ajoute la demi-heure de retard, les pauvres Synapson ont donc commencé avec une heure de retard, classe le respect entre collègues, bonjour l’ambiance à la machine à sniffer, euh, je voulais dire à café.

Alors, bien ou pas bien ?

Le truc, c’est que dès la première chanson, le premier riff, on leur avait pardonné.

Car si les physiques des Insus supportent moins bien les gros plans (ils ont tous plus de 60 ans), la voix et l’énergie étaient là.

En conclusion, ami lecteur, force est de constater que la vie est injuste, et qu’on ne traite pas de la même façon les gens beaux, ou les gens talentueux, ou encore les pistonnés : pour cela, il te suffit de comparer le salaire de ton coiffeur (environ 2200 € brut en moyenne en France) et celui de François Hollande (9800 € supposés brut), lequel, disponible 24h/24, ramasse une sacrée prime d’astreinte il faut bien le dire. A ce tarif-là, je veux bien aussi shampouiner et peigner les chiens et le tapis, la nuit de Noël et le premier mai à l’heure la plus débile qui te passe par la tête.

Alors ne sois pas jaloux, ami lecteur, le vert c’est moche au teint surtout en été, profite de ce que tu as, sois à l’heure à ton travail, et à la semaine prochaine !