FAUSSE COMBI-SHORT SANDRO TROUVERA-T-ELLE UN SOURIRE DANS SON MOJITO ?

Cher ami lecteur, ça faisait longtemps que tu  n’avais pas eu de mes nouvelles, et en fait, je n’ai aucune excuse valable à te fournir. C’est pourquoi sans aucune raison valable non plus, si ce n’est purement socio-anthropologique, je vais partager avec toi un moment de ma soirée de samedi soir dernier.

Je te plante le décor : un joli club de plage qui va bien, la bonne copine et la robe qui va bien, il fait chaud, et le groupe qui va bien lui aussi entame son 2eset (les Lemon Grass, je te les recommande vivement, ami lecteur).

Munies de mojitos et d’un tabouret, nous voilà essayant de trouver une petite place sur le long mange-debout qui longe la scène improvisée.

Une micro-place nous fait de l’œil, entre un couple de quinquas et une post-ado bobo de 17 ans. Si chacun se pousse de 3 cm, on aura une place entière.

Tout bien regardé, la jeunette a l’air de ne pas avoir souri depuis 2015.

Je me tourne donc vers les gentils quinquas, qui se décalent effectivement pour nous laisser suffisamment d’espace pour poser nos mojitos et regarder le spectacle.

Pendant ce temps, pétrie par sa légitimité, la post-pubère en combi-short sous-Sandro nous lance des regards furibards et commence à planter ses ongles dans le revêtement en bois du mange-debout. Je me dis que, comme elle a l’air de vraiment bien se régaler, il valait mieux éviter de la déranger dans son bien-être.

Au bout d’un moment, le tabouret nous gêne, je le pousse sous le mange-debout à côté de celui des quinquas. Ce faisant, le tabouret touche la jambe de Sœur Sourire. Malheureuse! (mais qui donc ?) Alors qu’elle aurait très bien pu se décaler de quelques cm qui n’auraient rien changé à sa soirée ni son confort, notre grincheuse en combi-short – qui soit dit en passant, pourrait être ma fille – a dégainé l’objection flinguante de la pétasse qu’on dérange. « Héééé hooooo ». Face à un tel répondant,  illico presto, afin d’éviter qu’elle nous fasse un ulcère foudroyant (à présent je regrette un peu), j’ai remis le tabouret en arrière, afin qu’il dérange 3 personnes supplémentaires. Entretemps, la cerbère du mange-debout était passée à un niveau supérieur puisqu’elle s’est appuyée dessus en écartant les coudes, façon « c’est mon espace », mais pas du tout comme dans Dirty Dancing, non plutôt comme un pitbull à qui on aurait annoncé qu’il allait désormais passer à un régime exclusivement vegan.

Je me prends donc son brushing en pleine face.

Cela dit, c’est quand même mieux que de voir sa tête de matonne en fin de carrière.

Pendant ce temps, j’ai reçu un sms de l’Amabilité, pour me confirmer qu’elle était bien partie en RTT avec la Bonne Education et la Joie de Vivre.

Ah c’est certain, elles n’étaient pas avec la jeune fille ce soir.

Ensuite, comme le groupe envoyait du son, une partie de ses amis sont partis danser. C’est tout juste si elle ne s’est pas allongée sur le mange-debout pour bien valider que personne (ma copine, nos mojitos et moi essentiellement) ne lui vole sa précieuse place.

Pour couronner le tout, puisque absolument tout ce que nous faisions la gênait, y compris notre respiration, elle a fini par décréter à quel moment le verre de mon amie était vide, et l’a poussé aux antipodes.

En fait ce verre n’était pas tout à fait vide.

Mais elle l’a fait tellement subrepticement – d’une subrepticité rare, invisible à l’œil nu – que face à deux verres quasi identiques, ma copine ne savait pas lequel était le sien.

Et, au vu de toute cette gentillesse aussi engageante qu’un nuage radioactif, nous nous sommes bien gardées de faire une remarque, des guerres sanglantes ayant été déclenchées, paraît-il, sur le lancement d’une remarque. Bon, une guerre dans un club de plage bobo, peut-être pas, mais me balancer le mojito qu’elle n’a pas payé dans ma tronche, ça c’était tout à fait possible.

Heureusement, le groupe continuait son set de feu, et mon amie décide de filmer une des prestations. Malencontreusement, son doigt ripe et le flash se met en route pendant la vidéo. Ni une ni deux, notre veuve pas joyeuse (ni veuve non plus en fait vu l’âge) se protège les yeux comme si on était en 42 et que la Gestapo allait l’interroger sur le contenu de sa cave. « Noooooon elle met le flaaaaash », dit-elle à la dernière copine qui n’est pas allée danser et qui garde elle aussi une planche en bois dans un resto de plage. Au final, tous ont migré un peu plus loin dans un coin plus confortable, et, même de là-bas, elle a continué à nous foudroyer de temps à autre du regard, et franchement, pas la peine d’investir dans de l’antiride contour des yeux et lèvres pour l’instant, son sourire n’a encore jamais servi, et je crois même que ses dents n’ont jamais vu la lumière du jour.

Sérieusement ?

Gamine, au final, tu as passé une soirée pourrie, tu as tiré une tête de crémation en continu et personne ne t’a parlé parce que tu es déjà rance à 17 ans.

L’avenir de tes rencontres de drague en soirée – l’essence même d’une vie estudiantine – me paraît plutôt mal parti, et c’est triste comme toi.

Le truc c’est que tu as essayé de toutes tes forces de diffuser ton mal être autour de toi, voire, de contaminer ton périmètre, sache que, heureusement, tout le monde n’y est pas sensible.

Au final, tu nous as bien fait marrer, puisqu’on attendait presque quel allait être ton prochain mouvement de mauvaise humeur, fascinées que nous étions par ton incroyable capacité à te tromper sur ce qui est important.

Alors cher ami lecteur, si tu as des enfants, explique-leur qu’on obtient beaucoup plus en étant juste poli : ça rend séduisant. Et au final, plus heureux. Je sais, ça a l’air obscur comme ça, mais crois-moi sur parole, c’est mieux.

A la prochaine !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

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