Bruxelles, attends-moi j’arrive…

Rebelote.

Le 22 mars 2016, rebelote au pays des frites : bilan 31 morts et 340 blessés.

Bon, on ne va pas encore faire un couplet sur l’horreur.

Ce n’est pas comme si on ne savait pas que ça allait arriver.

Tout le monde l’a dit, les experts, les terroristes, les médiums, ma concierge.

Le truc, c’est d’arriver à déterminer où va se passer le prochain attentat, de façon à être ailleurs au moment où ça se passe.

Sauf que, comment déterminer la logique du terroriste en charge de déterminer la prochaine explosion ? Apple va-t-il me sortir une appli ? Avec un petit algorithme calculant une liste de lieux probables où des barbus vont me faire sauter le caisson (et le reste) ???

Réfléchissons un peu, et mettons quelques punaises rouges sur une mappemonde, comme dans Homeland, avec quelques clichés agrandis de terroristes en noir et blanc en train de sortir d’un pressing suspect.

Paris a sauté deux fois, d’abord symboliquement puis on est tous devenus Charlie, comme quoi une mobilisation Facebook c’est très puissant, puisqu’un an plus tard quelques centaines de Charlies ont été transformés en viande à bolognaise alors qu’ils profitaient tranquillement d’un apéro ou d’un concert, dans les quartiers les plus bobos de la ville.

Au cours de cette deuxième fois, il n’est pas inopportun de préciser que, en plus d’établissements branchouilles et d’une salle de concert à bloc, le stade de France était dans la ligne de mire sauf que le kamikaze a fait du travail d’arabe et a loupé le RER qui l’aurait amené à la station Saint-Denis avant la fermeture des portes pour le match.

Quatre mois plus tard, nous revoilà à Bruxelles à l’Aéroport et à une station de métro en heure de pointe : 31 morts et 340 blessés, contre 130 morts et 413 blessés à Paris (auraient-ils perdu la main ?) revendiqués par l’Etat Islamique, mais aussi à Lahore au Pakistan, avec 72 morts et 200 blessés revendiqués par les Talibans pakistanais.

Y a un concours international de la connerie ou quoi ? On peut donner un prix ex-aequo aux deux factions, pas la peine de continuer l’escalade, tout le monde a gagné.

Mais ça ne nous dit pas quelle sera la prochaine destination de vacances à éviter, ni même s’il est recommandé de passer son dimanche dans tel ou tel parc.

Pour ce faire, essayons de nous mettre dans la peau d’un terroriste, un peu à la manière de l’Actor’s Studio.

Nous avons donc une mission grandiose qui nous dépasse, celle qu’Allah nous donne, qui est d’établir un état musulman partout où c’est possible, puisque nous détenons la vérité, et que le reste du monde est un abruti ignorant à éduquer.

Nous sommes donc persuadés que nous faisons partie d’un plan bien plus grand que nous et que nous détenons le bien futur de l’humanité, et ça, ça vaut bien quelques dommages collatéraux. Et puis, pour enseigner la crainte d’Allah, il faut faire peur tout court, et que ce soit médiatisé à mort.

D’abord, on frappe fort, symbolique, on trucide des blasphémateurs pour la leçon (Charlie Hebdo). Mais comme ça ne fait pas trop peur (les clampins ordinaires ne travaillant pas dans un journal satirique et surtout ne produisant aucun dessin de ce qu’il ne faut pas dessiner, ils ne vont flipper qu’une minute et demie), faisons sauter un petit Hyperkasher de ces demeurés qui pensent que leur religion est la bonne (alors que c’est la notre, puisqu’on vous le dit depuis le début, vous ne voulez pas comprendre).

Evidemment, nous ne nous arrêterons pas là. En quinze jours, tout le monde sera retourné à une vie normale. Le corps a la mémoire de sa propre douleur, pas de celle des autres. Et quand ils seront bien tous endormis devant leurs télés et ordinateurs diaboliques, on les plastiquera à nouveau, mais en plus grand nombre. Pendant leurs loisirs alcoolisés, qu’Allah ne cautionne pas. Pendant le concert d’un groupe blasphématoire qui prône l’amour libre ou Allah sait quelle ignominie du même acabit. On s’est loupé sur le match, que veux-tu, on ne peut pas reprocher à un agent qui va se faire péter la tronche d’être arrivé en retard, c’est abusé. De toute façon, depuis il s’est fait attraper, il n’a qu’à se démerder tout seul.

Ensuite faut aussi s’occuper un peu de ces arrogants qui se croient à l’abri.

La Belgique, en même temps ils parlent la même langue que ces chiens hérétiques de français. Et ensuite ? On va rester sur les capitales, on ne va pas aller plastiquer la supérette de Troufigny-les-Oies. On va commencer par Londres, on y est nombreux, facile. Puis Rome et, voyons grand, Washington. Et Paris, encore. Et les Schleus. Et après, on verra bien s’ils se convertissent. Evidemment, on peut doubler une attaque de capitale par une petite explosion d’une grosse cité de province, ça fera flipper tous ces imbéciles impies.

On a bien pensé trucider quelques hommes d’Etat, mais c’est beaucoup plus compliqué à mettre en place (même si dans certains pays, c’est plus facile, comme pendant des ballades en scooter).

Comme c’est vraiment éprouvant de se mettre dans la peau d’un de ces charmants terroristes, je retrouve ma personnalité avec soulagement. Je ne me verrais pas plastiquer qui que ce soit, quand bien même ce serait mérité, car ce qu’on fait aux autres, on le fait avant tout à soi-même. Néanmoins, je compte sur les forces de l’ordre pour faire le job, car je vois mal comment arrêter autrement que par la force justement, quelqu’un pour qui la vie ne vaut pas plus cher qu’un paquet de cacahouètes.

Donc, mon appli de géolocalisation des lieux à éviter sauf si on veut mourir de façon islamique, fera un tour des capitales à haut potentiel touristique (la probabilité d’un attentat à Helsinki reste tout de même assez faible) en y superposant les flux migratoires puisqu’il faut quand même de la main d’œuvre pour la réalisation. Pour le quand, étudions un peu les dates : entre Charlie Hebdo et le 13 novembre, 11 mois et 9 jours se sont écoulés. Entre le 13 novembre et Bruxelles, 4 mois et 9 jours. Allez, encore un petit dernier, et on pourra sortir une petite règle temporelle et le tour sera joué.

Alors ami lecteur, fais chauffer l’Apple Store, et en attendant, n’oublie pas que la vie est courte et qu’elle a de la valeur ! Respecte-la !

Promis, après cette appli-là, je vais plancher sur une appli (plébiscitée par mes amis) elle aussi d’une grande utilité pratique, qui géolocalisera tes ex dans un périmètre de 2 km, de façon à ne pas te les emplafonner n’importe où, n’importe quand !

Bonne semaine !

Une réflexion sur “Bruxelles, attends-moi j’arrive…

  1. Comme d’habitude tu es parfaite, un peu de dérision, une pincée d’humour et un grand bol d’eau de vaisselle de notre actualités et je me sens déjà mieux. Merci!

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